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Politique

Mohamed Bazoum, lors d’une conférence de presse conjointe avec l’ancienne chancelière Angela Merkel, le 8 juillet 2021, à Berlin. © Bernd von Jutrczenka – Pool/Getty Images) (Photo : POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Niger : Niamey proteste contre une résolution du Parlement européen demandant la libération de Mohamed Bazoum

Le gouvernement nigérien a vivement réagi à l’adoption d’une résolution du Parlement européen réclamant la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d’État de juillet 2023. Niamey dénonce une ingérence dans ses affaires intérieures et convoque la représentation de l’Union européenne.

Les autorités de Niger ont officiellement protesté, jeudi 12 mars, après l’adoption par le Parlement européen d’une résolution appelant à la libération « immédiate et inconditionnelle » de l’ex-chef de l’État Mohamed Bazoum.

Dans la foulée de ce vote, le gouvernement nigérien a convoqué la chargée d’affaires de l’Union européenne à Niamey afin de lui remettre une lettre de protestation formelle, condamnant ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires internes du pays.

Adoptée le 12 mars 2026, la résolution du Parlement européen a recueilli une large majorité de voix : 524 députés ont voté pour, deux contre et 29 se sont abstenus.

Le texte demande la libération immédiate de Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État militaire de juillet 2023 et détenu depuis dans sa résidence présidentielle à Niamey. Les parlementaires européens dénoncent une détention qualifiée d’arbitraire, pointant également la situation de son épouse, détenue à ses côtés.

La résolution souligne par ailleurs l’absence d’accès régulier à un avocat et les restrictions concernant les visites familiales, appelant les autorités nigériennes à garantir les droits fondamentaux et les libertés publiques dans le pays.

Le texte intervient alors que le mandat constitutionnel de Mohamed Bazoum doit officiellement prendre fin le 2 avril 2026. Depuis le renversement du pouvoir civil, les autorités militaires ont engagé une transition politique qu’elles ont récemment prolongée pour une durée de cinq ans.

En réaction, les autorités nigériennes ont vivement rejeté la position européenne, qualifiant la résolution de « paternaliste et condescendante ». Elles ont également affirmé que le pays « n’accepte aucune directive, d’où qu’elle vienne », marquant ainsi leur refus de toute pression extérieure sur la gestion des affaires nationales.

Cette protestation diplomatique s’inscrit dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Niger et l’Union européenne depuis le coup d’État de 2023. Plusieurs mesures ont été prises de part et d’autre, notamment la suspension d’une partie de la coopération, l’expulsion de certaines missions européennes et la remise en cause d’accords liés aux politiques migratoires.

Dans ce climat de crispation, la question du sort de Mohamed Bazoum continue de cristalliser les tensions entre les autorités militaires nigériennes et leurs partenaires occidentaux, tout en alimentant le débat international sur l’avenir politique du pays.

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