news-details
Politique

Ouganda : coupure d’Internet à la veille d’un scrutin sous haute tension

À deux jours des élections présidentielle et législatives du 15 janvier 2026, les autorités ougandaises ont ordonné une suspension temporaire de l’accès public à Internet, une décision qui suscite de fortes inquiétudes quant à la transparence du processus électoral.

Le gouvernement ougandais renforce le contrôle de l’espace numérique avec la coupure de l’accès public à Internet, suspendu sur l’ensemble du territoire national à partir de ce mardi 13 janvier à 18 heures (heure locale), à la veille d’un scrutin crucial opposant le président sortant Yoweri Museveni à plusieurs challengers, dont l’opposant emblématique Bobi Wine.

Yoweri Museveni brigue un 7ᵉ mandat à la présidence de l’Ouganda lors des élections du 15 janvier 2026. Au pouvoir depuis 1986, à la suite d’une prise de pouvoir par les armes, Museveni a fait modifier la Constitution en 2005 puis en 2017 pour lever les limites de mandats et d’âge, après avoir déjà été élu à six reprises. À 81 ans, sa candidature a été officialisée en août 2025 par son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), après avoir recueilli plus de deux millions de signatures de soutien.

Selon la Commission des communications de l’Ouganda (UCC), cette coupure vise à lutter contre la désinformation en ligne, à prévenir la fraude électorale et à réduire les risques d’incitation à la violence durant la période électorale. Les autorités estiment que les réseaux sociaux et les plateformes numériques constituent des vecteurs majeurs de tensions politiques et de manipulation de l’opinion dans un contexte déjà fragile.

Cette décision intervient dans un climat politique tendu, marqué par des restrictions croissantes des libertés publiques, des arrestations d’opposants et des accusations persistantes de fraude électorale, à l’approche d’un scrutin décisif pour l’avenir démocratique du pays.

L’Ouganda n’en est pas à sa première coupure d’Internet en période électorale. Lors de l’élection présidentielle de 2021, l’accès au réseau avait déjà été bloqué pendant plusieurs jours, suscitant de vives critiques de l’opposition et de la société civile, qui avaient dénoncé une « mascarade électorale » et une volonté d’étouffer toute contestation.

Plus récemment, fin décembre 2025, les autorités ont également restreint l’importation de certains services satellitaires, notamment Starlink, afin d’empêcher tout contournement des restrictions numériques annoncées.

Malgré les démentis initiaux du gouvernement, cette coupure ravive les craintes d’un scénario similaire à celui observé dans la région, notamment en Tanzanie en 2025, où un blocage d’Internet avait accompagné une répression violente des manifestations post-électorales.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé sa préoccupation face à ce qu’il qualifie de climat de répression généralisée, rappelant que l’accès à l’information et la liberté d’expression constituent des piliers essentiels de tout processus électoral crédible.

Partager ce post !