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Gouvernance

Conférence de Ghazouani : Biram Dah Abeid dénonce un « déphasage » avec les réalités du pays

Le député et leader de l’opposition Biram Dah Abeid a vivement réagi à la conférence de presse du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, estimant que le chef de l’État n’a pas apporté de réponses aux principales préoccupations des Mauritaniens et qu’il a livré un bilan marqué, selon lui, par « l’autosatisfaction ».

Dans une déclaration accordée à TRUST, Biram Dah Abeid a affirmé avoir suivi avec attention la conférence de presse du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, tout en regrettant ce qu’il considère comme l’absence d’une vision pour la Mauritanie.

« Ce que j’en retiens d’abord, ce n’est pas un dirigeant porteur d’une vision pour la Mauritanie. C’est un chef d’État bouffi d’autosatisfaction », a-t-il déclaré.

L’opposant estime qu’après sept années au pouvoir, les Mauritaniens attendaient des réponses sur plusieurs dossiers, notamment « la réconciliation, l’apaisement, la justice sociale, l’emploi, l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, la pauvreté, la corruption et la gouvernance ».

Selon Biram Dah Abeid, il existe « un déphasage profond » entre le discours présidentiel et la réalité vécue par la population. « Est-ce le chef de l’État qui est déconnecté de la réalité des Mauritaniens, ou les Mauritaniens qui sont déconnectés de la réalité qu’il leur présente ? », s’est-il interrogé.

Sur la lutte contre la corruption, le leader de l’opposition a contesté les arguments avancés par le président, notamment le lien établi entre la hausse des recettes publiques et le recul de la corruption.

« Depuis quand des recettes en hausse prouvent-elles une corruption en baisse ? La vraie question, c’est comment cet argent est géré, comment les marchés sont attribués et comment les irrégularités sont sanctionnées », a-t-il déclaré.

Biram Dah Abeid a également réagi aux propos de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani concernant un éventuel troisième mandat. Selon lui, le président aurait dû écarter explicitement toute modification de la Constitution.

« Une phrase aurait suffi : “Je ne toucherai pas aux verrous constitutionnels.” Il ne l’a pas dite. Il a louvoyé et cultivé l’ambiguïté en parlant de la “volonté du peuple” », a-t-il affirmé.

L’opposant a par ailleurs regretté l’absence de déclarations du chef de l’État sur plusieurs dossiers politiques, notamment la situation de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, les députées Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour, les détenus politiques ainsi que la situation juridique de son propre parti.

Enfin, tout en affirmant partager l’objectif d’une unité nationale, Biram Dah Abeid a contesté la méthode du pouvoir.

« Nous partageons cet objectif, mais pas sa méthode. On ne construit pas la cohésion en traitant l’opposant capable de compétir et de mobiliser comme un problème à neutraliser plutôt que comme un citoyen à convaincre », a-t-il déclaré, ajoutant que le chef de l’État « a besoin qu’on lui dise la vérité » plutôt que de « courtisans ».

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