La campagne officielle pour l’élection présidentielle béninoise s’est ouverte ce 27 mars 2026 dans un climat politique marqué par une compétition à deux blocs. Jusqu’au 10 avril, les candidats vont tenter de convaincre plus de 7 millions d’électeurs, dans une course où la continuité du pouvoir et l’alternative politique structurent le débat.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) a donné le coup d’envoi de la campagne, conformément au calendrier établi pour le scrutin prévu le 12 avril. Cette phase cruciale du processus électoral prendra fin le 10 avril à minuit, ouvrant ensuite la voie au vote du premier tour. Les résultats provisoires sont attendus le 14 avril et, en cas de second tour, une nouvelle campagne se tiendra du 27 avril au 8 mai pour un scrutin décisif fixé au 10 mai.
La Cour constitutionnelle du Bénin a validé seulement deux candidatures, confirmant une élection fortement polarisée. Du côté de la mouvance présidentielle, le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, fait figure de favori. Il est associé à la vice-présidente sortante, Mariam Chabi Talata, incarnant la continuité du pouvoir en place.
Face à eux, l’opposition modérée est représentée par Paul Hounkpè, candidat du parti FCBE, accompagné de Judicaël Hounwanou. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a été écarté du processus électoral faute de parrainages suffisants, réduisant ainsi le champ politique à deux camps.
Le président sortant, Patrice Talon, ne brigue pas un nouveau mandat, conformément à la limitation constitutionnelle à deux mandats, qu’il a publiquement réaffirmée. Son influence reste toutefois déterminante, le choix de Romuald Wadagni s’inscrivant dans la continuité des réformes engagées ces dernières années.
Les candidats ont déjà intensifié leurs activités sur le terrain. Le projet de société intitulé « Plus loin, ensemble », porté par Wadagni et présenté le 21 mars, met en avant la poursuite des politiques économiques et structurelles, tandis que l’opposition tente de mobiliser autour d’une offre alternative malgré une fragmentation persistante du paysage politique.
En ce début de campagne, aucune mobilisation majeure ou meeting d’ouverture d’envergure n’a encore été signalé. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer la dynamique de campagne et le niveau d’engagement populaire.