La présidentielle et les législatives se déroulent dans un climat tendu, marqué par l’exclusion de l’opposition et des manifestations le jour du scrutin.
La Tanzanie organise ce mercredi 29 octobre 2025 ses élections générales, destinées à élire le président, les députés et les conseillers locaux. Avec 37,65 millions d’électeurs inscrits, soit une hausse de près de 26 % par rapport à 2020, ce scrutin s’annonce crucial pour la stabilité politique du pays et son image démocratique.
Le parti au pouvoir, Chama Cha Mapinduzi (CCM), et la présidente sortante Samia Suluhu Hassan, sont favoris, dans un contexte où l’opposition est largement affaiblie. Le principal parti d’opposition, Chama cha Demokrasia na Maendeleo (CHADEMA), a été exclu des élections pour cinq ans après avoir refusé de signer le code de conduite électoral. Cette situation accentue l’avantage du pouvoir en place et soulève des interrogations sur l’équité et la transparence du scrutin.
Des manifestations ont éclaté dans la capitale économique, Dar es Salaam, le jour du scrutin, entraînant des interventions policières et des perturbations d’Internet à l’échelle nationale. Les organisations de droits de l’homme dénoncent un climat « de peur » dans le pays, avec des arrestations arbitraires et des restrictions de la liberté d’expression.
Ce contexte traduit la concentration du pouvoir et des institutions électorales dans les mains de l’exécutif, ce qui alimente les inquiétudes sur la légitimité et le pluralisme politique en Tanzanie. Au-delà de la présidentielle, ces élections sont un test de crédibilité pour la démocratie tanzanienne, dans une région où la gouvernance et le respect des droits civils sont scrutés de près par la communauté internationale. Le déroulement du scrutin, ainsi que sa transparence, auront un impact direct sur l’image du pays et sur la confiance des citoyens dans le processus électoral.
Les élections de 2025 confirment la domination du CCM et de Samia Suluhu Hassan, mais dans un climat tendu et contesté. La marginalisation de l’opposition et les incidents survenus le jour du scrutin posent de sérieuses questions sur l’équité et la démocratie dans le pays, alors que la Tanzanie cherche à consolider sa stabilité politique et son développement économique.