Le président du Parti de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie / Mouvement pour le Renouveau (AJD/MR), Mamadou Bocar Ba, a annoncé le boycott du dialogue politique national initié par le gouvernement mauritanien, estimant que les conditions d’un échange sérieux et crédible ne sont pas réunies.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 28 octobre à Nouakchott, le leader de l’AJD/MR a justifié cette décision par l’absence de garanties suffisantes quant à la pertinence des sujets à débattre et à la mise en œuvre effective des conclusions qui pourraient en découler.
Mamadou Bocar a dénoncé une mauvaise gouvernance généralisée au sein des institutions publiques, citant en exemple les révélations du rapport de la Cour des comptes, qu’il considère comme une preuve tangible du gaspillage des ressources publiques et de la propagation de la corruption. Il a appelé à la prise de mesures fermes et exemplaires contre les responsables impliqués dans ces dérives administratives et financières.
Le président de l’AJD/MR a par ailleurs accusé les autorités de restreindre les libertés publiques, évoquant les arrestations répétées de militants des droits humains et de citoyens noirs mauritaniens. Il a salué l’intervention du député de Nouadhibou, Kakidou Sow, qui a permis la libération de plusieurs personnes arrêtées à tort.
Revenant sur la question du passif humanitaire, Mamadou Bocar a estimé que les négociations en cours avec les associations de victimes visent à clore ce dossier historique sans en aborder les dimensions politiques et structurelles. Il a appelé à la création d’une véritable justice transitionnelle pour traiter les causes profondes des événements survenus entre 1986 et 1991, affirmant que la loi d’amnistie de 1993 reste un frein à la vérité et à la réconciliation nationale.
Enfin, il a critiqué la gestion du dossier migratoire, qualifiée de “catastrophique”, et accusé le gouvernement d’avoir fragilisé les relations avec les pays voisins, provoquant des préjudices aux communautés mauritaniennes à l’étranger.
Pour Mamadou Bocar, le climat actuel ne permet pas la tenue d’un dialogue national inclusif, et l’appel au consensus lancé par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani risque d’échouer sans un engagement clair du pouvoir en faveur de la transparence, de la justice et du respect des libertés publiques.