Ce samedi 25 octobre 2025, les électeurs ivoiriens se rendent aux urnes pour élire le prochain président de la République. Plus de 8,7 millions de citoyens sont appelés à voter dans près de 25 000 bureaux de vote répartis à travers le pays et à l’étranger. Cinq candidats sont en lice, dont le président sortant Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat consécutif.
À Abidjan comme dans les villes de l’intérieur, le scrutin s’est ouvert à 8 heures locales, sous une forte présence sécuritaire. Plus de 44 000 membres des forces de l’ordre — policiers, gendarmes et militaires — ont été déployés pour garantir la sécurité du processus électoral. Malgré un démarrage globalement calme, plusieurs retards ont été observés dans certains bureaux, notamment à Marcory et à Yopougon, où l’installation du matériel électoral a pris du retard. Dans certains centres, les agents électoraux ont dû faire face à des dysfonctionnements techniques ou à des attroupements de votants impatients.
Les entrées des électeurs étaient minutieusement filtrées par les forces de sécurité, dans un climat de vigilance renforcée. Des incidents isolés ont été signalés, sans toutefois compromettre le déroulement général du scrutin.
L’élection intervient dans un contexte politique tendu, marqué par l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition. Les candidatures de Laurent Gbagbo (PPA-CI), Tidjane Thiam (PDCI) et Pascal Affi N’Guessan (FPI) ont été invalidées par le Conseil constitutionnel, invoquant des raisons judiciaires ou administratives. Cette situation a profondément divisé la classe politique. Certains leaders de l’opposition ont appelé à boycotter le scrutin, dénonçant une « élection verrouillée » et une « confiscation du pouvoir ». Dans une récente interview, l’ancien président Laurent Gbagbo a qualifié la présidentielle d’« opération de braquage électoral », accusant le régime d’Alassane Ouattara d’écarter ses adversaires pour assurer une victoire sans véritable concurrence.
Outre le président sortant Alassane Ouattara, âgé de 83 ans, la liste définitive validée par le Conseil constitutionnel comprend Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce et dissident du PDCI, qui se présente comme l’alternative libérale et moderniste ; Simone Ehivet Gbagbo, ex-première dame, déterminée à reconquérir une partie de l’électorat de gauche orphelin de son ex-époux ; Ahoua Don Mello, candidat indépendant au discours souverainiste et Henriette Lagou, seule femme en lice, engagée pour une gouvernance plus inclusive.
Face aux tensions préélectorales, le Conseil national de sécurité a réaffirmé sa détermination à maintenir l’ordre, interdisant tout rassemblement visant à contester les décisions du Conseil constitutionnel. Des manifestations de l’opposition avaient été violemment dispersées plus tôt en octobre, notamment à Abidjan et Yamoussoukro, où un couvre-feu a été instauré à la veille du scrutin.
Pour renforcer la transparence du processus, près d’un millier d’observateurs nationaux issus de la société civile, ainsi que 251 délégués de la CEDEAO et de l’Union africaine, ont été déployés sur le terrain pour suivre le déroulement du vote.
Au-delà du choix d’un président, cette élection constitue un test crucial pour la stabilité politique et institutionnelle de la Côte d’Ivoire. Le pays, encore marqué par les crises postélectorales de 2010 et 2020, espère éviter tout débordement. Les résultats provisoires sont attendus au début de la semaine prochaine. En cas d’absence de majorité absolue, un second tour devrait être organisé dans les quinze jours à venir.