Après deux semaines de mobilisation intense, les candidats se préparent pour un scrutin décisif ce samedi 25 octobre 2025
En Côte d’Ivoire, la campagne électorale pour la présidentielle s’est officiellement close dans la nuit du jeudi 23 octobre à minuit. Ce vendredi marque l’entrée dans le silence électoral, dernière étape avant le vote prévu demain, samedi 25 octobre. Plus de huit millions d’électeurs sont appelés à choisir le prochain président de la République, dans un climat mêlant espoir, tension et attentes fortes quant à la transparence du scrutin.
Durant deux semaines, les principales formations politiques ont multiplié meetings, débats et déplacements à travers le pays pour convaincre un électorat encore indécis. Dans les quartiers généraux, l’heure est désormais aux ultimes réglages logistiques et à la mobilisation des délégués de terrain, tandis que les forces de sécurité s’organisent pour garantir un déroulement pacifique du vote.
Cette élection, considérée comme un tournant démocratique, intervient dans un contexte politique toujours marqué par les fractures issues des précédentes crises électorales. Les autorités ont promis un scrutin “libre, transparent et apaisé”, alors que l’opposition et la société civile appellent à une vigilance accrue dans le processus de dépouillement et de proclamation des résultats.
Particularité notable de cette élection : pour la première fois dans l’histoire politique récente du pays, deux femmes briguent la magistrature suprême. Il s’agit de Simone Ehivet Gbagbo, ancienne Première dame, figure politique expérimentée issue de l’ex-FPI, et de Henriette Lagou, ancienne ministre et présidente du RPP (Rassemblement pour la paix et le progrès). Toutes deux entendent incarner une alternative féminine dans un paysage longtemps dominé par les figures masculines de la scène ivoirienne — Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié ou encore Guillaume Soro. Leur présence dans la course électorale symbolise une évolution des mentalités et un signe fort en faveur de la représentativité des femmes dans la vie publique ivoirienne.
Le scrutin de ce samedi est porteur d’enjeux multiples : politique, car il pourrait redéfinir les équilibres de pouvoir au sein des grands partis ; social, car une forte participation renforcerait la légitimité du futur président ; institutionnel, enfin, avec la promesse d’une gouvernance plus inclusive et tournée vers la réconciliation nationale.
Pour beaucoup d’Ivoiriens, l’espoir est simple : que le vote se déroule dans le calme, et que le résultat reflète la volonté populaire. Demain, le pays jouera une nouvelle page de son histoire démocratique.