Le colonel-président Michael Randrianirina confie les rênes de la primature à un homme du secteur privé, avec pour mission de relancer l’économie et rétablir la confiance dans les institutions.
À peine quelques jours après avoir prêté serment à la tête de l’État, le colonel Michael Randrianirina, nouvel homme fort de Madagascar, a nommé Herintsalama Rajaonarivelo au poste de Premier ministre. Cette nomination, annoncée le lundi 20 octobre 2025, intervient dans un contexte de transition politique marqué par le renversement du précédent gouvernement et la promesse d’un « redressement national ».
Homme d’affaires reconnu, Herintsalama Rajaonarivelo préside la Banque nationale d’industrie (BNI) et dirige la société de holding Phénix Investissement Ltd. Ancien président du Groupement du patronat malgache, il a également collaboré avec la Banque mondiale et l’Union africaine, ce qui lui confère un profil à la fois technocratique et international.
Le président Randrianirina, colonel de l’armée malgache devenu chef d’État à la suite d’un coup de force, a présenté ce choix comme un « geste d’ouverture vers les forces productives » et un signal adressé au monde des affaires. Le nouveau gouvernement est décrit comme un « cabinet de refondation », chargé de remettre l’économie sur les rails, de renforcer la gouvernance et de restaurer la stabilité politique dans un pays fragilisé par des années d’instabilité.
Rajaonarivelo devra s’atteler à une tâche colossale : redonner confiance aux investisseurs, maîtriser une inflation galopante, et rassurer la communauté internationale quant à la feuille de route de la transition. D’après les premières orientations annoncées, la priorité sera donnée à la relance des secteurs stratégiques — agriculture, infrastructures, énergie, et tourisme — tout en s’appuyant sur un partenariat renforcé avec le secteur privé.
Cependant, la composition militaire du pouvoir en place soulève des interrogations sur la durabilité de cette transition et la place que prendra la société civile dans le processus de refondation. Si le profil du nouveau Premier ministre incarne une volonté de pragmatisme, la réussite de cette expérience dépendra surtout de la capacité du duo Randrianirina–Rajaonarivelo à conjuguer réformes économiques et rétablissement démocratique.