Le candidat d’opposition appelle le régime Biya à reconnaître sa défaite, tandis qu’Elecam rappelle que seul le Conseil constitutionnel est habilité à proclamer les résultats officiels.
Le Cameroun retient son souffle à la suite des déclarations d’Issa Tchiroma Bakary, candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, qui affirme avoir remporté une « victoire écrasante » face au président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.
Depuis Garoua, sa ville natale située dans la région Nord, Tchiroma a appelé « le régime en place » à reconnaître sa défaite et à « faire preuve de grandeur » en respectant ce qu’il qualifie de « vérité des urnes ». Il a également promis de publier une ventilation détaillée des résultats région par région, basée, selon lui, sur les procès-verbaux recueillis dans plusieurs bureaux de vote.
En réaction, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a averti que toute proclamation anticipée des résultats électoraux constituait un acte illégal, passible de sanctions pour « haute trahison ». De son côté, Elections Cameroon (Elecam), l’organisme officiel chargé de la supervision du scrutin, a rappelé que le Conseil constitutionnel demeure « le seul organe habilité à proclamer les résultats définitifs ».
Selon le calendrier électoral, cette institution dispose jusqu’au 26 octobre 2025 pour annoncer officiellement le nom du vainqueur. En attendant, les appels au calme se multiplient dans un pays marqué par une histoire électorale souvent tendue et par la méfiance persistante entre pouvoir et opposition.
Cette revendication précoce n’est pas sans rappeler celle de Maurice Kamto en 2018, qui avait conduit à une période de forte tension politique. Les observateurs internationaux appellent aujourd’hui à la transparence et au respect du cadre légal pour éviter tout dérapage.