À moins de deux semaines du scrutin du 25 octobre 2025, le Front Commun exhorte à des mobilisations quotidiennes pour réclamer un dialogue politique inclusif, dans un climat de forte tension.
À moins de quinze jours de l’élection présidentielle, le Front Commun, coalition formée des deux principaux partis d’opposition ivoiriens, a appelé la population à manifester quotidiennement pour exiger l’ouverture d’un dialogue politique. Cette initiative survient alors que leurs candidats, notamment Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, ont été exclus du scrutin par le Conseil constitutionnel.
Dans une déclaration relayée par les médias locaux, le Front Commun a insisté sur le respect de la non-violence et du calme, tout en affirmant que les manifestations se poursuivraient jusqu’à ce que leurs revendications soient prises en compte. Cette mobilisation illustre les tensions politiques croissantes à l’approche d’un scrutin déjà marqué par la candidature controversée du président sortant Alassane Ouattara, candidat à un quatrième mandat.
Le pays, qui compte 8,7 millions d’électeurs inscrits, entre dans une phase délicate de son processus démocratique. Depuis le lancement officiel de la campagne le 10 octobre, les cinq candidats en lice — Ouattara, Jean-Louis Billon, Simone Gbagbo, Henriette Lagou et Ahoua Don Mello — sillonnent le territoire pour convaincre les électeurs, dans un contexte où arrestations de cadres de l’opposition et accusations d’instrumentalisation de la justice ont ravivé des tensions historiques.
La Commission électorale indépendante (CEI), consciente des risques de débordements, a rappelé l’interdiction de tout discours de haine ou incitation à la violence, appelant à un climat de campagne pacifique et respectueux des règles démocratiques. La société civile et les observateurs internationaux continuent de plaider pour un scrutin transparent et inclusif, afin d’éviter les traumatismes post-électoraux connus en 2010 et 2020.
Cette situation souligne les défis persistants de la démocratie ivoirienne : concilier participation populaire, liberté politique et stabilité nationale dans un contexte où l’opposition se sent marginalisée et où les enjeux économiques et sociaux sont plus que jamais au cœur du débat public.