Un colonel appelle à la désobéissance, le président Andry Rajoelina dément toute fuite du pays
La Grande Île traverse une nouvelle phase d’instabilité politique majeure. À Antananarivo, capitale de Madagascar, la tension est montée d’un cran ce samedi 11 octobre 2025, alors qu’une partie de l’armée semble avoir rejoint les manifestants hostiles au pouvoir du président Andry Rajoelina. Des scènes de liesse et de confusion ont été observées sur la mythique place du 13-Mai, symbole des mouvements populaires malgaches.
Selon RFI, un officier identifié comme le colonel Mickaël Randrianirina, membre d’une unité d’élite, est apparu publiquement pour appeler ses pairs à la désobéissance. Dans un message relayé sur les réseaux sociaux et confirmé par plusieurs médias internationaux, le colonel a exhorté les forces armées à « ne pas tirer sur le peuple » et à « protéger les citoyens contre la répression ».
Cette déclaration intervient alors que des éléments de la CAPSAT (Compagnie d’Administration et des Services des Armées de Tananarive) auraient pris position aux côtés des manifestants. L’unité aurait même escorté certains d’entre eux jusqu’à la place du 13-Mai, au cœur de la capitale, selon Reuters et The Guardian.
Face à l’ampleur du mouvement, le Premier ministre malgache a appelé les forces de sécurité à « ne pas s’entretuer » et à privilégier le dialogue pour éviter une escalade de la violence. Les tensions restent néanmoins palpables dans plusieurs quartiers d’Antananarivo, où les forces de l’ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes et aux balles en caoutchouc pour disperser la foule.
Les appels au calme se multiplient également du côté des leaders religieux et de la société civile, qui craignent un retour à la crise politico-militaire ayant marqué l’histoire récente du pays.
Dans ce climat explosif, des rumeurs évoquant la fuite du président Andry Rajoelina hors du pays ont circulé sur les réseaux sociaux. Le chef de l’État a tenu à les démentir fermement, assurant qu’il est « toujours à Madagascar » et qu’il « n’a jamais quitté le territoire ». Le président, qui fait face à une contestation croissante de la jeunesse et de plusieurs syndicats, appelle à la retenue et promet un dialogue national pour sortir de la crise.
Ces événements rappellent les heures sombres de l’histoire politique malgache, marquée par plusieurs coups d’État et transitions forcées depuis l’indépendance. Pour l’heure, aucune issue claire ne se dessine : entre divisions au sein de l’armée, colère populaire et défiance envers les institutions, Madagascar semble suspendue entre le risque d’un basculement militaire et l’espoir d’une médiation nationale.