Après deux semaines de débats intenses et de promesses contradictoires, le Cameroun s’apprête à vivre un moment décisif de son histoire politique. Plus de huit millions d’électeurs se rendront aux urnes ce dimanche pour départager le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quarante ans, et onze autres candidats déterminés à incarner le changement.
La campagne électorale s’achève officiellement ce samedi, mettant fin à une période marquée par de fortes mobilisations, des discours passionnés et une tension politique palpable. Dans les rues de Yaoundé, Douala ou encore Garoua, les meetings se sont succédé à un rythme effréné, chacun des candidats cherchant à rallier les indécis à la veille du scrutin.
À 92 ans, le président Paul Biya brigue un huitième mandat, dans un contexte socio-économique fragile et sur fond de contestations récurrentes. Son long règne, entamé en 1982, divise profondément le pays : ses partisans saluent la stabilité politique qu’il incarne, tandis que ses détracteurs dénoncent une gouvernance marquée par la corruption, la répression et la stagnation économique.
Face à lui, onze candidats se partagent l’opposition. Parmi eux, Bello Bouba Maïgari, ancien ministre du Tourisme, mise sur son expérience politique pour séduire l’électorat du nord du pays, tandis que Cabraal Libii, du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), incarne le renouveau et attire une jeunesse en quête d’alternance.
Les observateurs redoutent cependant un scrutin tendu, dans un climat politique où la méfiance envers le système électoral reste forte. Les appels à la vigilance se multiplient, notamment de la part des organisations de la société civile et des acteurs religieux, qui exhortent les électeurs à faire preuve de calme et à préserver la paix.
Ce dimanche, tous les regards seront tournés vers le Cameroun. Car ce scrutin pourrait bien marquer un moment décisif pour le pays : entre continuité d’un régime contesté et espoir de rupture pour une partie de la population.