La Guinée a fixé au 28 décembre 2025 la date de sa prochaine élection présidentielle, première depuis le coup d’État militaire de septembre 2021 qui avait porté le colonel Mamady Doumbouya au pouvoir. L’annonce a été faite par décret, lu à la télévision nationale, marquant une étape décisive dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Depuis la chute d’Alpha Condé, la Guinée vit sous un régime militaire dirigé par Mamady Doumbouya. Longtemps repoussée, l’échéance électorale survient après l’adoption, le 21 septembre dernier, d’une nouvelle Constitution approuvée par référendum à près de 89 %, malgré des accusations d’irrégularités formulées par l’opposition. Le nouveau texte introduit un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois et crée un Sénat dont un tiers des membres sera désigné par le chef de l’État. Surtout, il supprime la disposition de la Charte de transition qui interdisait aux dirigeants militaires de se porter candidats.
Si Mamady Doumbouya n’a pas encore officialisé sa candidature, l’évolution du cadre constitutionnel lui ouvre désormais la voie. Ce point cristallise les critiques de l’opposition et de la société civile, qui dénoncent une « confiscation de la démocratie » et une élection préparée pour légitimer le maintien des militaires au pouvoir.
Les grands partis politiques historiques, tels que l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, actuellement en exil ou le RPG Arc-en-ciel, ex-parti présidentiel, sont fragilisés par des suspensions et des restrictions de leurs activités. Dans ce contexte, leur capacité à peser sur la présidentielle demeure incertaine.
Avec ce calendrier électoral, la Guinée se distingue de ses voisins sahéliens Mali, Burkina Faso et Niger qui n’ont toujours pas fixé de date précise pour leurs scrutins présidentiels. Toutefois, l’annonce guinéenne ne dissipe pas les doutes : la tenue effective du vote, la sécurité des candidats et les garanties de transparence restent au cœur des préoccupations nationales et internationales.
Au-delà de l’échéance électorale, ce scrutin du 28 décembre sera un test majeur pour l’avenir politique de la Guinée. Il déterminera si le pays parvient réellement à refermer la parenthèse militaire et à renouer avec une gouvernance civile, ou si, au contraire, il s’inscrit dans la continuité des régimes militaires d’Afrique de l’Ouest.