À quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le Cameroun est secoué par une vidéo virale dans laquelle Brenda Biya, fille du président Paul Biya, appelle les électeurs à tourner la page de son père.
Dans une vidéo publiée sur TikTok depuis une chambre d’hôtel, Brenda Biya, 27 ans, dénonce l’abandon de ses proches, les mauvais traitements familiaux et des menaces venant de l’entourage présidentiel. Elle y déclare : « Ne votez pas Paul Biya. Il a fait souffrir beaucoup de gens, y compris sa propre famille. J’espère qu’on aura un autre président. »
Cet acte de désaveu d’une rare intensité tranche avec l’image d’un clan présidentiel jusque-là verrouillé et silencieux. Brenda Biya affirme avoir coupé les liens financiers avec sa famille, revendiquant son autonomie. Elle rapporte également des propos menaçants attribués à un haut responsable proche du président, qui aurait évoqué sa mort par overdose.
La sortie de Brenda Biya a provoqué une onde de choc. L’opposition salue un acte courageux, mettant en lumière les failles internes d’un régime au pouvoir depuis 1982. Le parti présidentiel, le RDPC, relativise ces propos et dénonce une tentative d’« instrumentaliser une détresse personnelle ». Plusieurs intellectuels et figures de la société civile, dont l’écrivaine Calixthe Beyala, ont exprimé leur soutien à Brenda Biya, insistant sur la portée symbolique de ce geste dans un pays où la parole critique reste encadrée.
À 92 ans, Paul Biya brigue un huitième mandat dans un climat marqué par de fortes attentes de changement et des frustrations sociales croissantes. La dissidence de sa fille, largement relayée sur les réseaux sociaux, fragilise l’image d’un pouvoir familial longtemps présenté comme un bloc uni.
Jamais un membre aussi proche de la famille présidentielle ne s’était publiquement désolidarisé du chef de l’État. Cette dissidence intime devient ainsi un moment potentiellement historique dans l’histoire politique du Cameroun, à quelques semaines d’un scrutin déjà très attendu.