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Politique

Guinée : 6,7 millions d’électeurs appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel décisif

La Guinée entre dans une phase cruciale de sa transition politique. Quelque 6,7 millions d’électeurs, dont plus de 125 000 membres de la diaspora, sont convoqués le 21 septembre 2025 pour se prononcer sur le projet de nouvelle Constitution qui doit ouvrir la voie au retour à l’ordre constitutionnel.

Depuis le coup d’État militaire du 5 septembre 2021 qui a renversé le président Alpha Condé, le pays est dirigé par le général Mamady Doumbouya et le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Un accord signé en mars 2022 avec la CEDEAO avait fixé une transition de 36 mois, échéance aujourd’hui largement dépassée.

Présentant les chiffres officiels du fichier électoral définitif, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahim Khalil Condé, a annoncé jeudi que 6 768 458 électeurs ont été recensés, dont 125 271 Guinéens de l’étranger. Ce fichier est issu d’un recensement biométrique lancé en avril 2025 pour fiabiliser la base de données électorales. Le scrutin se tiendra dans 16 702 centres et 23 662 bureaux de vote répartis sur tout le territoire.

Le projet soumis au référendum prévoit de remplacer la Constitution de 2020. La campagne électorale est fixée du 31 août au 18 septembre. Toutefois, à l’approche du scrutin, le climat politique s’est tendu, le MATD a annoncé la suspension de trois partis politiques, dont les deux principales formations de l’opposition, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et le RPG-Arc-en-ciel de l’ex-président Alpha Condé, invoquant une « non-conformité ».

Le référendum constitutionnel marque la première étape d’un calendrier plus vaste. Les élections législatives, présidentielle et locale doivent suivre, à des dates encore non précisées, afin d’achever le processus de transition et d’installer définitivement un régime civil.

Pour les autorités de transition, ce rendez-vous du 21 septembre se veut une démonstration de légitimité. Mais pour l’opposition et une partie de la société civile, les conditions du scrutin et l’exclusion de partis majeurs risquent de fragiliser la crédibilité d’un processus censé tourner la page de quatre années de transition militaire.
 

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