Ce mardi 29 juillet 2025 marque la fin officielle du délai de retrait de la CEDEAO accordé aux gouvernements de transition du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis sous la bannière de l’Alliance des États du Sahel (AES). Six mois après leur notification de retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les trois pays ont maintenu leur position, leur départ est définitif.
Créée en réponse aux tensions croissantes avec la CEDEAO, l’AES s’affirme désormais comme une nouvelle plateforme de coopération politique, économique et surtout sécuritaire dans la région sahélienne. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tous dirigés par des militaires arrivées au pouvoir entre 2020 et 2023, poursuivent la structuration de leur union, avec pour objectifs la mutualisation des moyens de défense, la coordination diplomatique et la création d’un espace économique alternatif.
Une rupture consommée avec la CEDEAO
En janvier 2024, les trois pays avaient annoncé leur retrait conjoint de la CEDEAO, dénonçant des sanctions jugées injustes, une ingérence dans leurs affaires intérieures et un manque de solidarité face aux défis sécuritaires. La CEDEAO avait alors fixé un ultimatum de six mois, espérant faire revenir les États sahéliens à la table des négociations. Ce délai a expiré ce mardi 29 juillet 2025, sans signe d’inflexion.
Vers une intégration régionale autonome
L’Alliance des États du Sahel, qui se présente comme une confédération en construction, multiplie les initiatives : création de documents de voyage communs, projets d’union douanière, force militaire conjointe, et partenariats stratégiques tournés vers d’autres puissances, notamment la Russie et la Turquie. Une dynamique qui marque la volonté assumée de rompre avec l’ordre régional hérité des indépendances, au profit d’un nouveau modèle basé sur la souveraineté et l’autodétermination.
Une région en recomposition
La fin de cette date butoir ne fait que confirmer la recomposition en cours de l’architecture ouest-africaine. La CEDEAO, affaiblie par le départ de trois de ses membres les plus vastes et les plus stratégiques, tente de préserver son unité, tandis que l’AES avance résolument vers l’affirmation d’un pôle sahélien indépendant, avec ses propres priorités et alliances.