Le président sénégalais S.E.M. Bassirou Diomaye Faye a tenté de désamorcer la polémique née des récentes déclarations de son Premier ministre, Ousmane Sonko, en affirmant publiquement leur entente et en recentrant le débat sur les priorités nationales.
Ce lundi 14 juillet, lors de la cérémonie officielle de remise du Rapport général du Dialogue national sur le système politique, tenue au Palais présidentiel, le chef de l’État a livré un discours solennel, appelant à l’unité et à la responsabilité.
« Le Premier ministre est mon ami. Je n’ai aucun conflit avec lui. Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent… », a déclaré le président Faye, avant d’insister : « Nous ne devons être préoccupés que par la paix et la stabilité. C’est un honneur et un privilège pour moi d’être Président de la République, mais c’est aussi une charge que j’assume avec humilité et responsabilité. »
Cette sortie vise à apaiser un climat politique tendu depuis la prise de parole de Sonko, le 10 juillet dernier, lors du Conseil national de son parti, PASTEF. Le Premier ministre y avait publiquement exprimé ses désaccords avec le président, évoquant des « conditions inacceptables » et appelant à une clarification de la ligne gouvernementale. Tout en affirmant qu’il ne démissionnerait pas, Sonko avait indiqué que le président avait la latitude de le destituer s’il le jugeait nécessaire.
Ces déclarations, inédites à ce niveau de l’État, ont mis en lumière des divergences internes entre les deux alliés, pourtant victorieux ensemble à l’élection présidentielle de 2024.
En rappelant son amitié et sa confiance envers Sonko, le président Faye cherche à réaffirmer la cohésion au sommet et à rassurer l’opinion publique. Pour lui, la priorité reste la réponse aux difficultés économiques et sociales que traverse le pays.
L’issue de ce premier épisode de tensions pourrait être déterminante pour la stabilité politique et la mise en œuvre des réformes promises, notamment en matière de gouvernance, de transparence et de souveraineté économique.