L’Union européenne a officiellement interdit, ce jeudi 26 juin, l’entrée sur son territoire à l’activiste suisso-camerounaise Nathalie Yamb, lui reprochant ses relations étroites avec des structures affiliées au groupe paramilitaire russe Wagner. En plus de cette interdiction de séjour, ses avoirs dans l’espace communautaire font désormais l’objet d’un gel.
La décision du Conseil de l’UE, publiée au Journal officiel, place Mme Yamb parmi une liste de 46 individus et entités sanctionnés pour leur rôle présumé dans la diffusion d’idéologies et d’opérations favorables au Kremlin, notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine ou à travers des campagnes de désinformation visant les pays européens.
Selon Bruxelles, Nathalie Yamb soutient ouvertement l’influence russe en Afrique depuis sa participation au sommet de Sotchi en 2019, en promouvant un discours hostile à la France et à l’Occident. Elle est notamment accusée d’entretenir des liens directs avec l’Association for Free Research and International Cooperation (AFRIC), considérée comme un relais civil du groupe Wagner, et d’avoir pris part à plusieurs événements en lien avec cette structure.
Les autorités européennes estiment que ses activités participent à une stratégie plus large de déstabilisation politique et informationnelle, nuisant à la sécurité et aux valeurs démocratiques de l’Union. Son nom avait déjà été mentionné par le Département d’État américain, qui l’avait qualifiée en 2022 d’agente d’influence du réseau Prigojine, ancien chef de Wagner, décédé dans un crash aérien en 2023.
Cette nouvelle mesure s’ajoute à une interdiction d’entrée sur le territoire français décidée en janvier 2022, Paris invoquant des propos incendiaires tenus par l’activiste, jugés susceptibles d’alimenter un ressentiment anti-français en Afrique comme au sein de ses diasporas.