En janvier 2026, cela fera quarante ans que Yoweri Museveni dirige l’Ouganda. Arrivé au pouvoir en 1986 après avoir renversé le général Tito Okello Lutwa, celui qui affirmait à l’époque que « le problème de l’Afrique n’est pas le peuple, mais les dirigeants qui veulent rester au pouvoir », s’apprête aujourd’hui à briguer un septième mandat présidentiel.
Âgé de 80 ans, Museveni a été désigné officiellement par son parti, le National Resistance Movement (NRM), comme candidat à la prochaine présidentielle, prévue le 12 janvier 2026. Une candidature qui intervient dans un climat politique tendu, marqué par une répression croissante de l’opposition, des arrestations arbitraires, et des restrictions des libertés à l’approche des élections générales.
Sur le plan politique, l’Ouganda connaît un rétrécissement continu de l’espace démocratique. Le principal opposant, Bobi Wine, fait l’objet de menaces régulières et de harcèlement. Des ONG et observateurs internationaux tirent la sonnette d’alarme sur la militarisation du régime et la brutalité des forces de sécurité.
Au-delà de l’Ouganda, la longévité politique de Museveni s’inscrit dans une tendance régionale préoccupante. Alassane Ouattara, président de Côte d’Ivoire, âgé de 83 ans, laisse entendre qu’il pourrait se représenter, tandis que Paul Biya, 91 ans, en fonction depuis 1982 au Cameroun, prépare également une candidature pour un huitième mandat.
Dans une Afrique où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, ces présidences à vie alimentent le sentiment d’un blocage générationnel, freinant l’émergence d’une nouvelle classe politique. La jeunesse, souvent marginalisée, se voit contrainte à la patience ou à la contestation.