Village mauritanien (image d’illustration)
Un drame d’une rare cruauté a bouleversé le village d’Aïn Chifa, dans la région du Trarza, dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juin 2025. Une fillette âgée d’à peine un an et demi a été victime d’un viol alors qu’elle assistait à une cérémonie de mariage en compagnie de sa famille.
Selon les premiers éléments recueillis, l’enfant s’était endormie sous une tente dressée pour la fête. Profitant de l’agitation et de l’obscurité, un individu encore non identifié l’aurait discrètement enlevée avant de l’agresser sexuellement dans un lieu isolé. Il aurait ensuite abandonné la fillette grièvement blessée à proximité des lieux de la célébration.
Alertés par des témoins, les secours sont rapidement intervenus pour transférer la victime à l’hôpital d’Antikan. Face à la gravité de son état –notamment une hémorragie interne sévère – elle a été évacuée en urgence vers Nouakchott, où elle est actuellement hospitalisée à l’Hôpital Mère-Enfant. Son pronostic vital reste engagé.
Ce crime odieux a provoqué une vive onde de choc au sein de la population locale. À Aïn Chifa, les habitants appellent à une enquête rigoureuse et à des poursuites exemplaires contre le ou les auteurs de cet acte inqualifiable. Des voix s’élèvent également dans tout le pays pour exiger une réaction forte des autorités.
Ce drame relance une fois de plus le débat sur la protection des enfants et des femmes face aux violences sexuelles en Mauritanie. Beaucoup rappellent l’existence de la loi Karama, un projet de loi-cadre adopté en Conseil des ministres en 2022, visant à criminaliser explicitement le viol, le harcèlement sexuel et les violences de genre. Mais à ce jour, ce texte reste bloqué au Parlement, retardé par des débats houleux et la pression exercée par certains groupes conservateurs religieux, notamment des imams et des prédicateurs qui estiment qu’il contredirait les principes de la Charia.
Des militantes des droits humains et des organisations de la société civile dénoncent cette inaction, qu’elles jugent complice de l’impunité persistante. « Combien d’enfants devront encore être violés pour que la loi Karama voie enfin le jour ? », interroge une militante locale, la voix chargée d’émotion.
Il y a moins d’un mois, une jeune fille du nom de Hawa Traoré a subi un sort similaire, qui a malheureusement conduit à sa mort. Cette recrudescence alarmante des violences faites aux femmes et aux enfants, aggravée par ce nouvel épisode insoutenable, souligne l’urgence d’une réponse légale et politique à la hauteur des enjeux pour protéger les plus vulnérables.