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Politique

Biram Dah Abeid

Mauritanie : Biram Dah Abeid de retour et déterminé face à la situation du pays

Après une tournée en Occident, le leader antiesclavagiste dresse un réquisitoire contre les institutions mauritaniennes et appelle à un “sursaut national”

Le président du mouvement IRA-Mauritanie et candidat arrivé second lors de l’élection présidentielle du 29 juin 2024, Biram Dah Abeid, est rentré mercredi soir à Nouakchott après une tournée de plusieurs semaines aux États-Unis et en Europe. Accueilli par ses partisans, il a adressé un message fort à la Nation, dénonçant l’état actuel du pays et affirmant sa volonté de poursuivre son combat politique.

Dans une déclaration publique au ton solennel et offensif, Biram Dah Abeid a pointé du doigt la « déliquescence » des institutions mauritaniennes, dénonçant une gouvernance basée sur la corruption, l’exclusion, le racisme structurel et l’impunité. Il a déclaré : « L’oppression constitue, à présent, le pain amer de la majorité. Chaque jour, le Mauritanien y goûte, à son corps défendant. »

Un discours de rupture

Fort du soutien exprimé par la diaspora mauritanienne à l’étranger, qu’il a rencontrée durant sa tournée, le leader antiesclavagiste dit porter un projet de salut national, ancré dans une volonté de rupture totale avec les pratiques qu’il qualifie d’archaïques. Il appelle les Mauritaniens à se mobiliser contre la prédation institutionnalisée et à œuvrer pour l’instauration d’un État de droit fondé sur l’égalité, la justice sociale et la méritocratie.

Il affirme également vouloir mettre un terme à ce qu’il nomme la « rotation tribale du pouvoir » et au « recyclage des médiocres », en s’appuyant sur une dynamique inclusive impliquant aussi bien les citoyens de l’intérieur que ceux de la diaspora.

Une critique frontale du système

Dans son allocution, Biram Dah Abeid n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’administration actuelle, qu’il accuse de maintenir la population dans l’exclusion et la pauvreté. Il évoque une économie soumise aux réseaux de la fraude, du narcotrafic et du blanchiment, et affirme : « L’économie du crime en col blanc se perpétue grâce à un système de gouvernance basé sur l’improvisation mercantile. »

Fidèle à son style incisif, il appelle à une réforme en profondeur des institutions, en mettant l’accent sur l’indépendance de la justice, la reddition des comptes et le rétablissement du lien de confiance entre gouvernés et gouvernants.

Une posture de chef d’opposition

Alors qu’il refuse toujours de reconnaître sa défaite à la dernière présidentielle, Biram Dah Abeid apparaît plus que jamais en position de chef de file de l’opposition. Il affirme que son combat se poursuit, avec pour horizon une rupture démocratique pacifique et l’avènement d’une Mauritanie équitable et inclusive.

« Le lendemain meilleur est à portée. Poursuivons la marche victorieuse ! », a-t-il conclu, en lançant un appel à l’unité et à la mobilisation.

Une figure incontournable du paysage politique

Distingué à plusieurs reprises par des institutions internationales, notamment les Nations unies, Biram Dah Abeid reste l’une des figures les plus populaires et controversées de la scène politique mauritanienne. Son retour marque un nouveau tournant dans le bras de fer politique entamé depuis l’annonce des résultats de la présidentielle, qu’il conteste toujours fermement.

La Rédaction 

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