Figure emblématique du reggae engagé en Afrique de l’Ouest, le Guinéen Élie Kamano a surpris l’opinion en annonçant publiquement sa rupture avec les autorités de son pays.
Arrivé à Ouagadougou ce dimanche 8 juin, l’artiste a dénoncé la posture de la Guinée face à la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), qualifiant la situation à Conakry de « critique » et « contraire aux idéaux panafricains ».
« Moi, Élie Kamano, je me désolidarise de cette Guinée », a-t-il déclaré à la presse locale, évoquant un sentiment de trahison des valeurs de souveraineté et de dignité chères à Sékou Touré.
Engagé depuis plus de deux décennies dans les luttes sociales et politiques, Kamano affirme avoir été la cible de mesures restrictives, notamment la signalisation de son passeport par les autorités guinéennes, ce qui limiterait ses déplacements.
Dans un geste à la fois symbolique et politique, il a officiellement sollicité la nationalité burkinabè auprès du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, saluant le leadership du Burkina Faso dans la défense de l’unité africaine.
Pour rappel, la République de Guinée est en transition politique depuis le 5 septembre 2021, date du coup d’État militaire dirigé par le général Mamadi Doumbouya. Depuis lors, les libertés publiques et la liberté d’expression sont régulièrement bafouées. Les opposants politiques, les militants des droits de l’Homme ainsi que les voix critiques du régime sont systématiquement arrêtés, tandis que l’espace médiatique se réduit de manière préoccupante.