Ce mardi 13 mai, les autorités de transition maliennes ont franchi un cap inédit en procédant à la dissolution de l’ensemble des partis politiques et organisations à caractère politique sur toute l’étendue du territoire national. La mesure a été officialisée par décret présidentiel, lu sur les antennes de l’ORTM par Mamani Nassiré, ministre délégué chargé des réformes politiques.
Adoptée à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, cette décision interdit désormais toute activité ou rassemblement politique sous une bannière partisane, sous peine de sanctions. Le décret précise néanmoins que les personnalités occupant des fonctions publiques peuvent poursuivre leur mission, à condition de ne plus se prévaloir d’une affiliation à un parti.
Ce tournant s’inscrit dans un processus de refonte institutionnelle engagé depuis les Assises nationales de la refondation de 2021, qui avaient formulé plusieurs centaines de recommandations. Le Conseil national de transition (CNT) avait d’ailleurs adopté, la veille, un projet de loi abrogeant la charte des partis politiques ainsi que le statut de l’opposition, balayant ainsi des textes fondateurs de la vie démocratique malienne adoptés en 2005 et 2015.
Les autorités invoquent la volonté de rationaliser un système politique jugé trop fragmenté. Selon le gouvernement, cette mesure répond aux attentes exprimées lors des récentes concertations nationales et régionales organisées entre avril et mai 2025.
Mais la décision n’est pas sans contestation. Des manifestations ont déjà eu lieu à Bamako début mai, dénonçant une concentration excessive du pouvoir exécutif et un rétrécissement de l’espace civique.
Le ministre Nassiré a toutefois assuré qu’un nouveau cadre législatif sera élaboré dans les mois à venir, avec la participation de tous les acteurs concernés, afin de redéfinir une vie politique plus cohérente et en phase avec les aspirations du peuple malien.