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Politique

Dialogue national en Mauritanie : l’AJD/MR appelle à des garanties pour une concertation sincère

Dans le cadre des consultations politiques en Mauritanie, Ba Mamadou Bocar, président de l’AJD/MR (Alliance pour la justice et la démocratie/ Mouvement pour la rénovation), s’est exprimé sur l’annonce du dialogue national faite par le Président de la République lors d’un iftar réunissant des leaders de la majorité et de l’opposition. Lors d’un entretien accordé à l’Agence Mauritanienne d’Information, il a partagé sa vision du dialogue et des conditions nécessaires à sa réussite.

L’importance du dialogue : un principe ancré dans l’ADN de l’AJD/MR

Dès le début de son intervention, Ba Mamadou Bocar a souligné l’engagement de son parti en faveur du dialogue politique : “Nous sommes coutumiers du dialogue. Nous avons toujours pris part aux discussions nationales. Nous avons même initié un dialogue particulier entre l’AJD/MR et les partis au pouvoir. Pendant huit mois, nous avons négocié et abouti à sept points d’accord avec le gouvernement.”

Cependant, il déplore le manque d’impact de ces initiatives, affirmant que les dialogues politiques en Mauritanie n’ont jamais réellement conduit à des changements concrets.

Des craintes face à un dialogue sans garanties

Malgré son soutien de principe au dialogue, le leader de l’AJD/MR se montre sceptique quant à son efficacité sans garanties préalables : “Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est qu’il y ait des garanties solides pour avancer. Les populations traversent une situation extrêmement difficile : la vie est chère et compliquée pour tout le monde. Il est donc primordial que les acteurs politiques se parlent pour trouver les meilleures solutions.”

Il insiste notamment sur la nécessité d’un engagement clair et solennel du Président de la République, garantissant l’application effective des conclusions du dialogue. “Le Président doit s’adresser directement au peuple mauritanien et affirmer que ce dialogue est une initiative qu’il porte et dont il assure le suivi.”

Une préparation conjointe entre l’opposition et le pouvoir

Pour éviter un dialogue biaisé ou imposé, Ba Mamadou Bocar plaide pour une préparation collective, impliquant aussi bien l’opposition que le gouvernement : “Le dialogue doit être préparé ensemble : définir l’ordre du jour, les sujets à aborder et les modalités. Si le gouvernement impose unilatéralement ses termes et dit : ‘vous participez ou non’, alors cela ne sert à rien.”

Il met également en garde contre des décisions unilatérales du gouvernement, citant deux exemples récents : la loi d’orientation sur l’éducation (2022) : adoptée sans concertation, alors même qu’un dialogue national était en discussion et la nouvelle loi sur les partis politiques (2025) : qui durcit les conditions d’existence des partis et restreint l’espace démocratique.

Un appel à plus de transparence et de sincérité

En conclusion, le président de l’AJD/MR souligne l’importance d’un dialogue inclusif, transparent et sincère : “Nous avons des craintes quant à ce dialogue. Nous ne sommes pas prêts à participer à n’importe quelles conditions. Il faut des garanties et une réelle volonté d’écouter toutes les parties. Mais il est déjà positif que la classe politique accepte de se parler.”

De son côté, le porte-parole du gouvernement mauritanien, Houssein Ould Meddou, a affirmé mercredi, à l’issue du Conseil des ministres, que les préparatifs du dialogue national sont en cours.

Alors que les discussions s’intensifient, la position de l’AJD/MR reflète les attentes d’une opposition soucieuse de véritables avancées démocratiques, au-delà des simples effets d’annonce.

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