La lettre de démission du Pr Moustapha Mohamedou Mounah, Directeur de l’Institut National d’Hépatologie et de Virologie (INHV), fait grand bruit en Mauritanie. Adressée au ministre de la Santé, elle met en lumière une situation alarmante dans la gestion des hépatites virales, un problème de santé publique qui touche des centaines de milliers de Mauritaniens.
Dans sa lettre, le Pr Mounah justifie son départ par une détérioration continue des conditions de travail et un manque criant de moyens. Il dénonce des équipements vétustes, une pénurie de médicaments et des retards de salaires récurrents du personnel, mettant en péril la qualité des soins et la prise en charge des patients.
L’ancien directeur pointe également l’inaction des autorités face à la gravité de l’hépatite B en Mauritanie, où le taux de prévalence dépasse 15 % dans certaines régions. Il rappelle que des projets cruciaux, comme des campagnes de dépistage et de vaccination, ou encore des partenariats avec des institutions internationales, n’ont pas pu voir le jour faute de financement et de mobilisation.
Pire encore, au lieu d’un soutien accru, l’INHV a vu sa subvention d’État réduite, compromettant encore davantage son fonctionnement. Le Pr Mounah conclut sa lettre en évoquant un manque de leadership dans la lutte contre l’hépatite B et affirme ne pas vouloir être complice d’une telle situation.
Cette démission met en lumière les profondes failles structurelles du système de santé mauritanien et relance le débat sur la volonté politique de faire face aux urgences sanitaires. Une question demeure : qui prendra le relais pour redresser la situation ?
En attendant, la décision du Pr Mounah a été saluée par de nombreux Mauritaniens, qui le remercient pour son intégrité et son dévouement. Dans un pays où les démissions pour motif éthique restent rares, son geste contraste avec une réalité où certains privilégient leurs intérêts personnels au détriment du bien public.
La Rédaction