Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi par la coalition de l’opposition contestataire du régime, le député et chef de l’opposition, Biram Dah Abeid, a exprimé un profond manque de confiance envers le gouvernement en place. Il a notamment dénoncé l’absence de volonté politique réelle pour un dialogue national inclusif et sérieux.
Un dialogue impossible sans justice pour les victimes de Kaédi
Biram Dah Abeid a insisté sur le fait qu’un dialogue national ne peut avoir lieu sans la résolution des questions fondamentales, en premier lieu la justice pour les victimes de Kaédi. Il exige que les responsables des crimes commis soient traduits en justice avant toute tentative de négociation. « Le dialogue doit être transparent et clair, avec des acteurs définis à l’avance, des termes rendus publics et des garanties pour assurer son application effective. Les conclusions doivent être contraignantes pour toutes les parties impliquées », a-t-il déclaré.
Un scepticisme profond face aux intentions du régime
Le leader abolitionniste a fermement rejeté l’idée d’un dialogue sans garanties, soulignant que ni les modalités, ni les parties prenantes, ni les mécanismes de mise en œuvre n’ont été clairement établis par le pouvoir. Il a également accusé le président Mohamed Ould Ghazouani d’avoir freiné les avancées dans la lutte contre l’esclavage en annulant plusieurs mesures adoptées sous l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Un gouvernement critiqué pour la gestion du “passif humanitaire”
Autre point de discorde : la gestion du dossier du passif humanitaire, qui concerne les exactions passées (1986-1991) en Mauritanie. Biram Dah Abeid a reproché au président Ghazouani de n’avoir pris aucune mesure concrète pour y remédier, ce qui, selon lui, témoigne d’un manque de volonté politique pour des réformes profondes et nécessaires.
Avec ces critiques sévères, le député et figure de l’opposition pose un ultimatum : sans justice et garanties claires, aucun dialogue crédible ne pourra aboutir.