news-details
Politique

Sénégal : la révision de la Constitution divise avant son examen par les députés

À la veille de son examen par l’Assemblée nationale, la proposition de révision de la Constitution portée par le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes suscite un vif débat politique. Entre une majorité qui défend une réforme institutionnelle d’envergure et des opposants réclamant un référendum, le texte cristallise les tensions au Sénégal.

L’Assemblée nationale du Sénégal examine ce lundi 29 juin la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, déposée par le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes. Le texte, qui prévoit une profonde refonte des institutions, intervient dans un contexte marqué par des divergences entre la majorité parlementaire, certains membres de la coalition au pouvoir et plusieurs organisations de la société civile.

Lors d’une conférence de presse organisée dimanche, les responsables de PASTEF ont défendu une initiative qu’ils présentent comme l’aboutissement de plusieurs années de concertation. « Cette réforme est impersonnelle ; elle n’est pas conçue pour protéger quelqu’un ou pour cibler quelqu’un », a assuré El Malick Ndiaye, estimant qu’elle s’inscrit dans la continuité des recommandations issues des Assises nationales, de la Commission nationale de réforme des institutions, des Assises de la Justice et du Dialogue national sur le système politique.

Le président du groupe parlementaire PASTEF, Ayib Daffé, a, pour sa part, revendiqué la légalité de la démarche. « Nous ne pouvons pas être l’otage de petits lobbys ou de groupes de pression qui ne reflètent en rien les intérêts du peuple sénégalais », a-t-il déclaré, rappelant que l’initiative parlementaire est prévue par la Constitution.

La proposition prévoit notamment la création d’une Cour constitutionnelle, la mise en place d’un organe indépendant chargé des élections, le renforcement des mécanismes de transparence ainsi que de nouvelles dispositions relatives à la gouvernance des institutions.

Face à cette initiative, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une concertation plus large. Le mouvement citoyen Y en a Marre estime qu’une révision d’une telle ampleur ne devrait pas être engagée sans consultation populaire et plaide pour l’organisation d’un référendum. D’autres organisations de la société civile mettent également en garde contre le risque de crispations institutionnelles si le processus n’aboutit pas à un consensus national.

Le vote attendu ce lundi est considéré comme une étape majeure du processus de réforme institutionnelle engagé au Sénégal. Il intervient dans un contexte de tensions politiques entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, qui alimentent le débat autour des grandes réformes institutionnelles.

Partager ce post !