Le président angolais João Lourenço a appelé, le 22 septembre à New York, à une réforme profonde du Conseil de sécurité de l’ONU, estimant que la gouvernance mondiale ne peut plus rester fondée sur les équilibres hérités de la Seconde Guerre mondiale. Il a également plaidé pour un allègement de la dette africaine et la levée de l’embargo contre Cuba.
Prenant la parole lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, João Lourenço a critiqué le fonctionnement actuel du Conseil de sécurité. « Nous ne pouvons pas continuer à accepter une gouvernance mondiale basée sur le pouvoir du restreint club des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale », a-t-il déclaré, appelant à une représentation plus équitable des différentes régions du monde.
Le chef de l’État angolais a particulièrement insisté sur la revendication africaine d’obtenir une représentation permanente au Conseil de sécurité, avec « tous les pouvoirs inhérents » à ce statut. Il a réaffirmé le soutien de l’Angola au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Sirte, qui constituent les principales positions communes de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité.
Sur le plan économique, João Lourenço a également dénoncé le poids du service de la dette sur les économies africaines. Selon lui, les ressources consacrées au remboursement de la dette peuvent dépasser celles disponibles pour financer les programmes de santé, d’éducation et la construction d’infrastructures. Il a ainsi appelé à des mécanismes permettant aux pays africains de disposer de davantage de marges pour financer leur développement.
Le président angolais a par ailleurs exprimé le soutien de son pays à Cuba et demandé la levée de l’embargo américain. Il l’a qualifié d’« injuste » et de « déshumain », tout en rappelant le rôle historique joué par Cuba dans la lutte contre l’apartheid et dans les processus de libération en Afrique australe.
À travers cette intervention, l’Angola réaffirme ainsi plusieurs priorités de sa diplomatie multilatérale : réforme de la gouvernance mondiale, représentation accrue de l’Afrique dans les instances internationales, financement du développement et défense de la position cubaine à l’ONU. Ces déclarations interviennent alors que les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité restent au cœur des revendications africaines.