Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présenté mardi 8 septembre sa Déclaration de politique générale, dominée par l’urgence de redresser les finances publiques, de traiter la dette et les arriérés de l’État, tout en accélérant les réformes économiques et sociales.
Nommé Premier ministre le 25 mai 2026, Ahmadou Al Aminou Lô a présenté une feuille de route placée sous le signe de la stabilité et de l’efficacité. Il a reconnu l’ampleur des difficultés financières du Sénégal, avec une dette du secteur public consolidée évaluée à environ 132 % du PIB fin 2024, soit plus de 23 500 milliards de FCFA, et un déficit réévalué à 13,7 % du PIB.
L’une des annonces majeures concerne les arriérés de paiement de l’État envers le secteur privé, évalués à 1 956 milliards de FCFA à fin mars 2025. Le Premier ministre a indiqué que leur apurement constitue une priorité, soulignant que ces impayés peuvent peser directement sur l’activité économique et l’emploi. Reuters rapporte par ailleurs que le gouvernement estime le montant à environ 3,5 milliards de dollars.
Sur la dette, le gouvernement ne prévoit pas, selon le Premier ministre, une restructuration classique. Dakar privilégie un « reprofilage », consistant notamment à allonger les maturités et à renégocier les taux d’intérêt. Ahmadou Al Aminou Lô a également confirmé la conclusion d’un accord technique avec le FMI et annoncé un Plan de traitement de la dette du Sénégal, présenté comme quasiment finalisé.
Autre annonce forte : la réforme des subventions à l’énergie. Leur coût doit être ramené à moins de 1 % du PIB d’ici 2029, avec un ciblage accru des ménages vulnérables. Le gouvernement vise parallèlement une baisse de 30 % du prix du kilowattheure d’électricité à l’horizon 2030. Sur le plan social, l’objectif est de porter dès 2027 le filet social à un million de ménages pauvres et vulnérables, avec une enveloppe portée à 140 milliards de FCFA.
Dans le logement, le gouvernement ambitionne de construire et livrer au moins 30 000 logements par an, alors que le déficit est estimé à environ 500 000 unités. Ahmadou Al Aminou Lô a également évoqué la poursuite des audits et réformes dans les secteurs minier, pétrolier et foncier, ainsi que les enquêtes relatives aux événements survenus entre février 2021 et février 2024.
Le Premier ministre a enfin insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective autour du civisme fiscal, de la consommation locale et du volontariat. Il a résumé son engagement par une formule forte : « Ce Gouvernement ne demande pas à être jugé sur ses intentions, mais sur son efficacité et sur ses résultats. » Il a annoncé des revues trimestrielles de l’exécution des politiques publiques, qu’il entend présider personnellement.
Sur le dossier gazier de Yakaar-Teranga, il a également évoqué l’échéance du contrat et les indemnités attendues par l’État, tandis qu’environ 30 conventions minières font actuellement l’objet de renégociations.
La DPG dessine ainsi une ligne gouvernementale fondée sur trois urgences : assainir les finances publiques, protéger les ménages vulnérables et restaurer la confiance économique. Le Premier ministre place la stabilité institutionnelle, macroéconomique et sociale au cœur de son action.