Condamné pour crimes contre l’humanité dans le cadre du massacre du stade de Conakry en 2009, l’ex-officier guinéen Aboubacar Sidiki Diakité, dit “Toumba”, est décédé le 25 mars 2026 des suites de complications médicales, selon un communiqué officiel.
La Direction nationale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion de la République de Guinée a annoncé, dans un communiqué rendu public ce mercredi 25 mars 2026, le décès du commandant Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de “Toumba”.
Selon les autorités, l’ancien aide de camp du chef de la junte militaire de 2009, Moussa Dadis Camara, purgeait sa peine à la maison d’arrêt de Coyah dans le respect des procédures judiciaires en vigueur. Son état de santé faisait déjà l’objet d’un suivi médical, comme l’atteste un rapport établi le 4 mars 2026 par des spécialistes du Centre hospitalo-universitaire Ignace Deen.
Ce rapport faisait état de plusieurs complications, notamment des douleurs abdominales persistantes, une tuméfaction épigastrique, une constipation chronique ainsi que des troubles du sommeil. Dans la nuit du 23 mars, à la suite d’un malaise survenu en détention, il a été évacué en urgence vers l’hôpital militaire du camp Samory Touré, où il a bénéficié d’une prise en charge spécialisée.
Malgré les soins prodigués, son état s’est rapidement dégradé. Il a finalement été déclaré décédé à 4h35 du matin, le 25 mars 2026. Les médecins évoquent une hernie étranglée compliquée d’une péritonite aiguë généralisée comme cause du décès.
Figure controversée de l’histoire récente de la Guinée, Toumba Diakité était un officier militaire né en 1968. Il avait occupé des fonctions stratégiques au sein de la garde présidentielle durant la transition militaire de 2009.
Son nom reste étroitement lié au massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, où plus de 150 personnes avaient été tuées et des centaines d’autres victimes de violences, dont des viols et mutilations, lors d’une manifestation pro-démocratie. Il était accusé d’avoir joué un rôle central dans ces exactions.
Quelques mois plus tard, en décembre 2009, il avait tenté d’assassiner Moussa Dadis Camara avant de prendre la fuite. Réfugié au Sénégal, il sera finalement extradé vers la Guinée en 2017 pour répondre de ses actes devant la justice.
À l’issue du procès historique du massacre du 28 septembre, rendu en juillet 2024, il avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité, notamment pour meurtres, viols, actes de torture et enlèvements, en tant que supérieur hiérarchique. Il avait été condamné à dix ans de réclusion criminelle.
Conformément aux dispositions légales, les autorités guinéennes ont indiqué qu’un rapport détaillé sera transmis aux juridictions compétentes afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès.
La Direction de l’administration pénitentiaire a également présenté ses condoléances à la famille du défunt.