À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Mali, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a réaffirmé les priorités de son régime autour de la défense du territoire, de la souveraineté, de l’AES, du développement économique et de la réconciliation nationale.
Dans son Adresse à la Nation, prononcée à la veille du 22 septembre, Assimi Goïta a d’abord réaffirmé l’ouverture des autorités au dialogue. « Tout en demeurant ouvert au dialogue et à la réconciliation entre frères maliens, notre volonté ferme de défendre l’intégrité de notre territoire et l’unité nationale reste intacte », a-t-il déclaré. Il a annoncé que la lutte contre l’insécurité et les groupes armés terroristes « va se renforcer davantage ».
Le chef de l’État a détaillé une stratégie reposant sur « la proactivité des opérations militaires sur le terrain », « les réformes institutionnelles et structurelles profondes » et « la coopération avec les partenaires stratégiques régionaux et internationaux ». Il a également mis en avant l’amélioration des conditions de vie et de travail des militaires, l’acquisition d’équipements modernes, la formation et la modernisation des infrastructures.
Sur le plan diplomatique, Goïta a réaffirmé la ligne souverainiste des autorités maliennes. « Notre outil diplomatique […] continue de faire respecter par tous les partenaires internationaux […] le respect de la souveraineté du Mali, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts », a-t-il affirmé. Il a également réitéré l’engagement de Bamako dans le renforcement de la Confédération des États du Sahel (AES), qu’il inscrit dans « la vision panafricaniste des Pères Fondateurs de la Nation malienne ».
Sur le front économique, le président de la Transition a annoncé une croissance réelle du PIB de 5,6 % en 2025, qui devrait atteindre 6,3 % en 2026, selon les projections présentées dans son discours. Il a insisté sur la mobilisation des ressources internes et sur la réforme du secteur minier, qui doit, selon lui, faire passer le pays « de la logique de rente minière à celle de l’investissement minier ». Il a également évoqué les efforts concernant le carburant, l’électricité, l’eau potable et la stabilisation des prix des produits de première nécessité.
Enfin, Assimi Goïta a consacré une partie importante de son message à la paix et à la cohésion nationale. Il a appelé à « la réconciliation, à l’unité et à la cohésion » et déclaré : « Le Mali reste disponible pour accueillir tous ses enfants qui veulent participer à la construction nationale. » Il a également invité les Maliens établis à l’étranger à prendre part à la construction du pays « non comme observateurs, mais comme bâtisseurs ».
Au pouvoir depuis 2021, Assimi Goïta s’est imposé sur la scène politique malienne après le coup d’État d’août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta. D’abord vice-président de la Transition sous Bah N’Daw, il devient président de la Transition en juin 2021 après la rupture avec les autorités de l’époque. Depuis, son régime revendique notamment une politique de souveraineté nationale, la refondation de l’État, le renforcement de l’outil militaire et le rapprochement avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’AES.