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Société

Le militant anti-esclavagiste Biram Dah Abeid, lors d’un meeting à Nouakchott, le 19 juin 2014. SEYLLOU/AFP

Mauritanie : le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage dénonce la criminalisation de militants d’IRA

Dans un communiqué parvenu à la rédaction de TRUST et daté du mardi 17 février 2026, le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage (RSLE) exprime son indignation à la suite du classement sans suite d’une affaire présumée d’esclavage impliquant une mineure de 11 ans. L’organisation dénonce également des arrestations et des violences visant des militants de IRA-Mauritanie.

Le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage a lancé une « alerte urgente » concernant ce qu’il qualifie de harcèlement, d’arrestations arbitraires et de criminalisation de militants de IRA-Mauritanie, à la suite d’une affaire liée à une fillette de 11 ans.

Au cœur de la controverse figure la décision du parquet près le tribunal spécialisé dans la lutte contre l’esclavage de classer sans suite le dossier. L’affaire avait été signalée début février par IRA, qui évoquait des faits relevant de l’esclavage domestique. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient la mineure transportant de l’eau et effectuant des tâches ménagères.

Selon les autorités judiciaires, l’enquête n’a pas permis d’établir l’existence d’une situation d’esclavage. La fillette aurait séjourné temporairement chez une famille proche, à la demande de sa mère, pour des raisons financières liées à sa scolarité. Les éléments recueillis — déclarations, documents scolaires et témoignages — n’auraient révélé ni privation de liberté, ni exploitation forcée, ni violences. Aucun lien social de type esclavagiste n’aurait été établi entre les parties.

Le RSLE juge néanmoins cette décision « incompréhensible » et estime que des éléments factuels graves auraient dû conduire à une requalification des faits et à l’ouverture de poursuites. L’organisation rappelle les engagements juridiques de la Mauritanie en matière de lutte contre l’esclavage et de protection des droits de l’enfant, tant au niveau national qu’international.

Par ailleurs, le réseau condamne les poursuites engagées contre des militants de IRA ayant dénoncé l’affaire et accompagné la mineure. Il dénonce des arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, des violences ayant entraîné des blessures ainsi que des campagnes de stigmatisation visant, selon lui, à discréditer l’action des défenseurs des droits humains.

Dans son communiqué, signé par son secrétaire exécutif Ali Bouzou, le RSLE demande notamment la libération immédiate des militants détenus, l’abandon des poursuites engagées à leur encontre, la prise en charge des blessés, ainsi que la réouverture du dossier concernant la mineure.

Cette séquence intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la question de l’esclavage en Mauritanie, malgré l’arsenal juridique renforcé par les lois de 2015 et 2018 criminalisant ces pratiques. Un rassemblement organisé le 6 février à Dar Naïm par IRA avait été dispersé par les forces de l’ordre, donnant lieu à des arrestations et à des blessés.

Le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage indique enfin qu’il se réserve le droit de saisir les mécanismes régionaux et internationaux compétents, réaffirmant que la lutte contre l’esclavage ne saurait, selon lui, être criminalisée.

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