À quelques jours du quatrième anniversaire de son arrivée au pouvoir, le président burkinabè Ibrahim Traoré a dressé un bilan largement positif de son action, évoquant des progrès sécuritaires, économiques et institutionnels, ainsi que la préparation d’une nouvelle Constitution.
Lors d’un entretien d’environ 90 minutes diffusé dimanche soir par la télévision nationale, le capitaine Ibrahim Traoré a affirmé que le Burkina Faso avait enregistré des avancées « sur tous les plans » depuis 2022. Sur le plan sécuritaire, il a notamment déclaré que plusieurs zones perdues depuis plusieurs années avaient été reprises par les forces burkinabè. « Des zones que nous avons perdues depuis 2017, 2018, nous avons repris position », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État a également cité plusieurs axes routiers, notamment la RN1 et les localités de Houndé et Pâ, pour illustrer, selon lui, l’amélioration de la circulation. « Mais aujourd’hui, les gens circulent librement. Rien que ça, nous avons pu faire reculer beaucoup le terrorisme », a-t-il déclaré. Il a toutefois reconnu qu’une partie du territoire restait difficile d’accès et que certaines zones reprises demeuraient sous contrôle militaire avant le retour des populations.
Sur le plan institutionnel, Ibrahim Traoré a annoncé l’élaboration d’une « nouvelle Constitution », sans préciser de calendrier. « Le Burkina est actuellement en révolution et va créer un système propre », a-t-il déclaré, appelant également à « tuer l’esprit politicien ». Sur le plan économique, il a défendu la reprise en main par l’État de certaines entreprises, citant notamment la SN-Citec et la SN-Sosuco, ainsi que le développement de l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC).
Le président burkinabè a par ailleurs défendu une politique extérieure fondée sur la souveraineté et évoqué les relations avec la France et l’Union européenne. « Nos relations ne peuvent être comme avant », a-t-il déclaré à propos de Paris. Il a également réaffirmé son soutien au rapprochement entre les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment autour de la défense et de projets communs.
Enfin, Ibrahim Traoré s’est dit favorable à une candidature commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour l’organisation de la CAN 2032. « Si on veut, on peut », a-t-il déclaré, estimant que les trois pays disposaient encore du temps nécessaire pour développer les infrastructures, les capacités hôtelières et les dispositifs de sécurité requis.
Cet entretien intervient à l’approche du quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré, le 30 septembre 2022. Il constitue ainsi une nouvelle présentation par les autorités burkinabè de leur bilan et de leurs priorités pour la poursuite de la transformation politique, économique et institutionnelle du pays.