Le Sénégal durcit sa législation sur l’homosexualité, le président Bassirou Diomaye Faye a signé une loi qui double les peines de prison et sanctionne la promotion de ces relations, dans un contexte de tensions sociales accrues et de vives critiques internationales.
Le président sénégalais a promulgué, ce mardi 31 mars, une loi renforçant les sanctions pénales pour les « actes contre nature ». Adopté à une large majorité par l’Assemblée nationale le 11 mars, le texte porte désormais les peines de prison de cinq à dix ans, contre un à cinq ans auparavant, dans un contexte social et politique marqué par une montée des tensions autour de ces questions.
La législation modifie l’article 319 du Code pénal en durcissant les peines applicables aux relations homosexuelles et prévoit des circonstances aggravantes, notamment en cas d’implication de mineurs. Elle élargit également le champ pénal pour cibler la « promotion » et le financement de l’homosexualité, exposant à des poursuites toute personne ou organisation accusée de soutenir ou valoriser ces pratiques.
Adoptée par plus de 130 voix favorables, cette réforme intervient dans un climat de forte crispation sociétale. Ces dernières semaines, le pays a connu une recrudescence des discours hostiles et des arrestations liées à des faits présumés d’homosexualité, alimentant un débat public particulièrement sensible.
Les peines prévues par la nouvelle loi vont désormais de cinq à dix ans de prison pour les « actes contre nature », assorties d’amendes de 2 à 10 millions de francs CFA. Le texte prévoit également des peines de trois à sept ans pour la promotion ou l’apologie de l’homosexualité, avec aggravation en cas d’implication de mineurs.