Thiam Tidjani, ministre mauritanien de la Santé. ©️ Images/Ministère
Le Conseil des ministres a adopté, mercredi 7 octobre deux projets de décret consacrés au contrôle pharmaceutique, aux médicaments et aux dispositifs médicaux. Présentés par le ministre de la Santé, Thiam Tidjani, ces textes visent notamment à renforcer l’inspection, la traçabilité, les sanctions et la protection de la santé publique.
Le premier décret fixe les modalités d’exercice du contrôle et de l’inspection dans les domaines de la pharmacie, des médicaments et des dispositifs médicaux. Selon Thiam Tidjani, il s’inscrit dans la mise en œuvre de la loi n°2025-042 du 26 novembre 2025 relative à la pharmacie et doit structurer l’inspection pharmaceutique autour des principes de compétence, d’indépendance, d’impartialité et de prévention des conflits d’intérêts.
Le dispositif couvrira l’ensemble de la chaîne pharmaceutique, depuis l’entrée des médicaments et produits de santé sur le territoire jusqu’à leur commercialisation, en passant par leur stockage. Le ministre a également rappelé plusieurs réformes engagées : actualisation de la liste nationale des médicaments, harmonisation des prix, obligation d’affichage des tarifs, contrôle des conditions de stockage et transport réfrigéré des médicaments.
Le second décret détermine les montants des amendes applicables aux infractions prévues par le nouvel article 137 de la loi sur la pharmacie, ainsi que les procédures de constatation, de notification et de recouvrement. Il prévoit également les voies de recours et les garanties procédurales pour les personnes concernées. Thiam Tidjani a présenté ce mécanisme comme un outil destiné à rendre les sanctions « plus efficaces, proportionnées et dissuasives ».
Le ministre a par ailleurs annoncé la poursuite du renforcement du contrôle de la qualité des médicaments, notamment à travers la construction d’un nouveau laboratoire spécialisé, ainsi que la numérisation de l’enregistrement et de l’homologation des médicaments et le développement de dispositifs de numérotation et de traçabilité.
Concernant l’approvisionnement, Thiam Tidjani a estimé que la disponibilité des médicaments en Mauritanie s’était « nettement améliorée » ces dernières années. Il a rappelé que le pays ne dispose pas encore d’une industrie pharmaceutique nationale et dépend donc des importations, lesquelles sont soumises à un cahier des charges et à un système d’autorisation.
Le ministre a également évoqué le secteur privé de la santé, indiquant que certaines prestations pouvaient être confiées à des opérateurs privés sous réserve du respect des normes de qualité, du contrôle et des droits des patients. Les réformes doivent notamment contribuer à encadrer les tarifs de certaines prestations et à corriger les insuffisances constatées dans le secteur.
Pour les autorités, l’ensemble de ces mesures doit renforcer la sécurité et la qualité des médicaments disponibles sur le marché mauritanien, améliorer leur traçabilité et consolider le contrôle de la chaîne pharmaceutique.