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Société

John Dramani Mahama, président de la République du Ghana.©️DR

L’ONU qualifie la traite des Africains et l’esclavage racialisé de « plus graves crimes contre l’humanité »

Une résolution historique adoptée à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté mercredi 25 mars une résolution majeure reconnaissant que la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains constituent « les plus graves crimes contre l’humanité ». Cette adoption a été approuvée par 123 pays, avec 3 votes contre et 52 abstentions, témoignant de l’ampleur et de la portée symbolique de ce texte.

Une initiative portée par le Ghana

Le projet de résolution a été introduit par le Ghana, soutenu par l’Union africaine et plusieurs États caribéens membres du CARICOM. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, avait annoncé cette démarche dès février 2026 lors du sommet de l’Union africaine, insistant sur la nécessité de reconnaître la traite et l’esclavage racialisé comme des injustices historiques uniques, dont les conséquences persistent encore aujourd’hui.

Cette résolution s’inscrit dans la continuité des appels ghanéens pour des réparations, déjà défendus par l’ancien président Nana Akufo-Addo en 2023. Le texte adopté constitue une première étape vers une reconnaissance formelle et ouvre la voie à des discussions futures sur les mécanismes de réparation.

Remédier aux torts historiques

L’Assemblée générale souligne que cette initiative ne vise pas à hiérarchiser les crimes contre l’humanité, mais à compenser les torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine, en contribuant à la justice, aux droits humains, à la dignité et à l’apaisement. Selon le document officiel, il s’agit de reconnaître l’ampleur, la durée et les conséquences durables de la traite et de l’esclavage, qui se sont étendues sur plus de quatre siècles.

Position des pays et débats

Si la majorité des États ont soutenu le texte, certains pays ont exprimé des réserves. Les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre, tandis que plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus. La France, pour sa part, a reconnu que la traite et l’esclavage perpétrés à partir du XVe siècle contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité, tout en soulignant la complexité de comparer ces crimes à d’autres atrocités reconnues par la communauté internationale.

Cette déclaration historique renforce la reconnaissance internationale des souffrances liées à l’esclavage et marque un pas concret vers la réparation et la réconciliation, ouvrant un nouveau chapitre dans les efforts mondiaux pour la justice historique et la dignité des populations d’ascendance africaine.

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