À Nouakchott et Nouadhibou, des dizaines de vendeurs ont manifesté contre la réforme fiscale du mobile, dénonçant la hausse des taxes et appelant à la démission du Premier ministre Mokhtar Ould Diay.
Les rues de Nouakchott et de Nouadhibou ont été le théâtre, ce mercredi 11 mars, de rassemblements massifs de commerçants et de vendeurs de téléphones. Brandissant pancartes et slogans, ils protestaient contre la nouvelle taxation des téléphones, entrée en vigueur cette année. Sur les réseaux sociaux, de nombreux manifestants ont exprimé leur mécontentement et lancé des appels à la démission du Premier ministre, qu’ils accusent d’être le principal instigateur de cette mesure.
Cette fronde populaire survient alors que la Mauritanie a adopté, dans le cadre de la loi de finances initiale 2026, une réforme du dédouanement des téléphones mobiles. Officiellement, cette réforme vise à moderniser le marché, simplifier les procédures administratives et sécuriser les appareils en circulation. Selon le ministère des Finances, le taux de dédouanement des smartphones est désormais fixé à 30 %, contre 32,75 % auparavant, tandis que les téléphones dits « utilitaires » bénéficient d’un taux réduit de 12 %.
Pour faciliter l’application de ces nouvelles dispositions, une plateforme numérique a été mise en place, permettant aux utilisateurs et commerçants de réaliser les démarches de dédouanement à distance. Un système de notification par SMS avertit les utilisateurs lorsque leur téléphone n’est pas enregistré. Une période de grâce de 15 jours est accordée pour régulariser la situation, après quoi la ligne mobile concernée peut être suspendue temporairement. Une application dédiée permet par ailleurs de vérifier le statut de dédouanement de chaque appareil via son code d’identification.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les recettes publiques, garantir une concurrence équitable sur le marché et accélérer la digitalisation des services publics. Les autorités soulignent qu’elle constitue un pas important vers la modernisation administrative, tout en protégeant les consommateurs et en sécurisant le marché de la téléphonie mobile en Mauritanie.
Toutefois, la réaction des commerçants révèle un désaccord profond sur la manière dont ces mesures sont mises en œuvre, laissant entrevoir de nouvelles tensions dans les semaines à venir. Certains appellent à l’annulation pure et simple de la taxe ou à son report, afin de permettre une concertation et une étude plus approfondie.
Pour rappel, dans le cadre de la loi de finances 2026, les services de mobile money sont également soumis à une taxation, une mesure qui suscite là aussi protestations et mécontentements parmi les acteurs économiques.