L’Union africaine a officiellement lancé, le 7 octobre à Port-Louis, à Maurice, l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA), une nouvelle agence de notation de crédit destinée à renforcer l’évaluation des risques africains et à contribuer à améliorer l’accès du continent aux marchés de capitaux.
L’AfCRA est présentée comme une institution indépendante, à vocation panafricaine, créée pour apporter une analyse davantage fondée sur les données, l’expertise et les réalités économiques africaines. Elle doit couvrir notamment les États, les entités infranationales, les entreprises ainsi que les institutions publiques et privées du continent.
L’initiative s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs années. L’Assemblée de l’Union africaine avait approuvé la création de l’agence en 2018. Son cadre institutionnel, sa gouvernance et sa méthodologie ont ensuite été développés avec le concours du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP/APRM) et de plusieurs partenaires africains et internationaux.
Pour l’UA, les notations de crédit ont une incidence directe sur le coût et la disponibilité des financements. L’AfCRA doit ainsi contribuer à combler les déficits d’information et d’analyse concernant les économies africaines, tout en offrant aux investisseurs une perspective supplémentaire sur les risques liés au continent. L’UA indique que 23 des 55 États africains ne disposent actuellement d’aucune notation auprès des trois grandes agences internationales que sont S&P, Moody’s et Fitch.
L’agence ne vise toutefois pas à remplacer les acteurs internationaux existants ni à garantir des notations plus favorables aux pays africains. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur la nécessité pour l’AfCRA de rester indépendante, professionnelle, transparente et conforme aux standards internationaux. Sa crédibilité devra notamment se construire à travers la qualité et l’indépendance de ses évaluations.
Avec son siège à Port-Louis, l’AfCRA devient ainsi un nouvel élément de l’architecture financière africaine. Son lancement intervient alors que les pays du continent cherchent à approfondir leurs marchés de capitaux, mobiliser davantage de ressources pour le développement et réduire les contraintes liées au coût du financement.