Les principaux acteurs politiques mauritaniens ont signé un document de référence ouvrant la voie à la reprise du processus de préparation du dialogue national, suspendu depuis plusieurs mois. Un compromis sur une question sensible a permis de lever les derniers blocages.
Une nouvelle étape s’ouvre dans la préparation du dialogue national en Mauritanie. Les représentants de la majorité et de l’opposition ont signé, mardi 14 juillet à Nouakchott, le « Guide de référence pour l’organisation du dialogue national », un document qui servira de feuille de route pour les prochaines phases des concertations politiques.
Cette signature met officiellement fin à plusieurs mois de blocage. Les réunions préparatoires étaient suspendues depuis mars en raison de divergences entre les différentes composantes politiques sur certains points du texte.
Le compromis trouvé repose notamment sur le retrait de la référence aux « durées et aux mandats », une formulation qui cristallisait les désaccords. L’opposition réclamait sa suppression, ou à défaut son encadrement afin de garantir le respect des dispositions constitutionnelles protégées, tandis que le parti au pouvoir, El Insaf, défendait initialement son maintien.
Présentant le document, le coordinateur du dialogue national, Moussa Fall, a indiqué que le guide met en avant quatre axes prioritaires porteurs d’importantes réformes. Il a estimé que le pays s’engage dans une étape qu’il a qualifiée d’historique et a appelé les partis politiques, les organisations de la société civile et les personnalités nationales à étudier les thèmes retenus et à formuler leurs propositions.
Selon lui, la phase de signature est désormais achevée. La date d’ouverture de la prochaine étape du dialogue sera fixée par le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Moussa Fall a également souligné que cette nouvelle séquence exigera une préparation rigoureuse afin d’aboutir à des résultats durables, dans un esprit de consensus et de responsabilité.
Le document, qui constitue désormais la base de travail des futurs échanges, s’articule autour de huit grands axes de discussion et a été approuvé par les principales forces politiques. Il a été signé, côté opposition, par les dirigeants de Tawassoul et de l’Union des forces de progrès (UFP), ainsi que par un représentant du Rassemblement des forces démocratiques (RFD). Pour la majorité, la signature a été apposée par le président du parti El Insaf.
Cet accord est perçu comme une avancée politique majeure, ouvrant la voie à la reprise effective des préparatifs d’un dialogue national appelé à traiter des principales réformes institutionnelles et politiques du pays.