Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal.©️DR
L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté un texte porté par le Premier ministre Ousmane Sonko, durcissant les peines contre les « actes contre nature » et leur promotion. Cette réforme marque un tournant dans la législation et suscite déjà des réactions contrastées.
Concrètement, les peines de prison encourues pour ces relations, qui étaient jusqu’à présent comprises entre 1 et 5 ans, pourraient être portées à 5–10 ans. La nouvelle loi élargit également les infractions pour inclure toute forme de promotion publique ou de financement de ces actes.
Dans ses interventions publiques, Ousmane Sonko a insisté sur la protection du secret médical dans les affaires liées à l’homosexualité ou au VIH, afin d’éviter tout risque de dérives judiciaires ou médiatiques.
Le durcissement de la loi est perçu comme un tournant décisif dans la législation sénégalaise. Le sujet de l’homosexualité reste très sensible dans le pays, où l’opinion publique est majoritairement défavorable à sa dépénalisation. Cette décision du gouvernement répond à une partie de la société réclamant une criminalisation plus sévère, tout en exposant le Sénégal aux critiques des ONG de défense des droits humains et des partenaires internationaux concernant les droits des personnes LGBT.
Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre les « actes contre nature », des arrestations récentes ont été signalées à Dakar. Au moins 12 personnes, dont le célèbre animateur radio et TV Pape Cheikh Diallo, ont été interpellées début février 2026 par la brigade de Keur Massar pour « association de malfaiteurs », « actes contre nature » et « transmission volontaire du VIH ». Elles sont détenues à la prison de Rebeuss depuis le 9 février, une information judiciaire ayant été ouverte à leur encontre.