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Politique

Biram Dah Abeid, président de l’IRA.©️DR

Biram Dah Abeid dénonce des inégalités de traitement et interpelle le pouvoir sur plusieurs dossiers

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 1er octobre 2026 à Nouakchott, le président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, a abordé plusieurs dossiers nationaux, dénonçant notamment ce qu’il considère comme des différences de traitement entre citoyens, des restrictions aux libertés publiques, des déséquilibres régionaux et la dégradation du pouvoir d’achat.

Dès l’ouverture de son intervention, Biram Dah Abeid a présenté ce qu’il considère comme une problématique transversale de la gouvernance du pays. « Ce pouvoir ne traite pas les Mauritaniens de la même manière selon qu’ils le soutiennent ou qu’ils le contestent », a-t-il déclaré. Selon lui, cette différence de traitement se retrouverait dans plusieurs domaines, notamment la justice, les libertés, les services de santé, l’éducation et la gestion des ressources publiques.

Boghé : Biram dénonce des restrictions aux rassemblements

Évoquant un déplacement à Boghé, le président de l’IRA affirme que des citoyens avaient prévu de l’accueillir mais que les rassemblements ont été empêchés.

Il dénonce ce qu’il présente comme une différence de traitement entre les activités liées au pouvoir et celles de l’opposition. « Quand le président se déplace, les foules sont mobilisées et personne n’y trouve à redire. Quand les responsables du parti au pouvoir se déplacent, ils sont accueillis sans la moindre entrave », a-t-il déclaré.

À l’inverse, il estime que les citoyens souhaitant accueillir un responsable de l’opposition rencontrent des restrictions. « La liberté de réunion est permise aux gens du pouvoir, pas aux autres », a-t-il affirmé.

Le Nord : une « politique de revanche géographique » dénoncée

Biram Dah Abeid a ensuite consacré une partie de son intervention aux régions du Nord, qu’il dit avoir parcourues récemment à la rencontre des populations, des cadres, des jeunes et des anciens.

Il estime que la mobilisation observée lors de la récente tournée présidentielle ne saurait, à elle seule, être assimilée à une adhésion populaire. Selon lui, une partie importante de cette mobilisation provenait de Nouakchott et de l’appareil politique et administratif de l’État.

L’opposant affirme avoir également constaté un sentiment de marginalisation dans plusieurs régions du Nord, notamment concernant les nominations, l’accès aux responsabilités et la représentation des cadres originaires de ces régions dans les centres de décision.

Il a toutefois appelé à dépasser les logiques régionales. « La Mauritanie n’est la propriété d’aucune région, ni du Nord, ni de l’Est, ni du Sud, ni du Centre, ni de Nouakchott », a-t-il déclaré, plaidant pour une dynamique nationale intégrant les différentes composantes du pays.

Pouvoir d’achat : le paradoxe entre ressources et difficultés des ménages

La question du pouvoir d’achat a également occupé une place importante dans la conférence de presse. Biram Dah Abeid a cité notamment les prix du poisson, de la viande, du lait et des légumes.

Il a souligné le paradoxe, selon lui, entre l’abondance des ressources naturelles de la Mauritanie et les difficultés d’une partie de la population à accéder aux produits alimentaires.

« Un pays qui possède un tel littoral, un tel cheptel, de telles terres, de telles ressources minières, ne devrait jamais laisser ses citoyens dépendre à ce point de l’extérieur pour se nourrir », a-t-il déclaré.

Il a notamment évoqué les importations de lait et de légumes ainsi que la dépendance du marché mauritanien vis-à-vis de l’extérieur. Pour lui, cette situation traduit un décalage entre les ressources disponibles dans le pays et les conditions de vie quotidiennes d’une partie de la population.

Journalistes et blogueurs : Biram appelle à séparer critique politique et vie privée

Le président de l’IRA a également consacré un passage de son intervention aux journalistes et blogueurs, dont il a reconnu le rôle dans l’information du public et l’élargissement de l’espace de débat.

Il a toutefois appelé à ne pas confondre critique politique et attaques personnelles. « On peut critiquer le chef de l’État, combattre sa politique, dénoncer son bilan, contester ses décisions aussi fermement qu’on le souhaite », a-t-il déclaré.

Il a dans le même temps estimé que cette liberté ne devait pas conduire aux attaques contre la vie privée ou la famille des responsables politiques. « On peut combattre une politique avec la plus grande fermeté sans salir une vie privée », a-t-il ajouté.

Biram Dah Abeid a par ailleurs formulé des accusations concernant le financement présumé de campagnes de dénigrement visant certaines personnes. Ces propos ont été présentés par lui dans le cadre de son intervention.

SOMELEC : demande de publication du rapport d’enquête

Le dossier des incendies ayant touché des installations de la SOMELEC a également été abordé.

Biram Dah Abeid a demandé que le rapport de la commission d’enquête chargée d’examiner les causes de ces incendies soit rendu public dans son intégralité.

« Ce qui compte, c’est ce qu’elle va produire, et ce que le pouvoir en fera. Nous exigeons que ce rapport soit rendu public, dans son intégralité », a-t-il déclaré.

Il a également demandé que les causes techniques, les questions liées à l’entretien et les éventuelles responsabilités soient établies sur la base des faits et donnent lieu à des suites concrètes.

« Une commission d’enquête doit faire sortir la vérité, pas enterrer une affaire », a-t-il insisté.

Assainissement : des interrogations sur les investissements à Nouakchott

Dernier dossier majeur abordé : l’assainissement de la capitale et les inondations qui affectent plusieurs quartiers de Nouakchott pendant la saison des pluies.

Biram Dah Abeid a mis en question l’efficacité des programmes et investissements annoncés depuis plusieurs années pour moderniser le drainage et renforcer la résilience urbaine.

Il a notamment demandé quels montants avaient réellement été investis, quels ouvrages avaient été construits, dans quelles zones, dans quel état ils se trouvent aujourd’hui et quelles structures sont chargées de leur entretien.

« Des milliards annoncés, une capitale qui continue de plier sous la pluie. Ce contraste est difficile à accepter », a-t-il conclu.

Cette conférence de presse aura ainsi permis à Biram Dah Abeid de revenir sur plusieurs préoccupations qu’il juge majeures pour le pays, tout en appelant les autorités à davantage de transparence, d’égalité de traitement et de réponses concrètes sur les dossiers évoqués.

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