La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a présenté, lors d’un atelier tenu à Abuja, son Cadre régional de protection sociale, accompagné d’un plan opérationnel destiné à soutenir ses États membres dans la mise en place de systèmes plus solides, inclusifs et efficaces.
L’initiative, pilotée par le Département du développement humain et des affaires sociales de la CEDEAO en partenariat avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), marque une étape décisive dans les efforts régionaux pour réduire la pauvreté et protéger les populations vulnérables.
Fatou Sow Sarr, commissaire au développement humain et aux affaires sociales de la CEDEAO, a salué l’engagement des partenaires et des États membres, rappelant que « la protection sociale est à la fois un droit fondamental et un impératif économique ».
Malgré cette avancée, les défis restent considérables. Selon la FAO, seuls 16 % des habitants de la région bénéficient actuellement d’au moins une prestation de protection sociale, tandis que les dépenses publiques consacrées à ce secteur représentent moins de 1 % du PIB en moyenne. L’accès limité à l’assurance sociale, la faiblesse des systèmes de santé et le manque de dispositifs de résilience face aux crises climatiques et humanitaires accentuent la vulnérabilité des populations.
Certains pays de la région ont déjà engagé des réformes. Au Nigeria, un programme de transferts monétaires numériques touche plus de 5,5 millions de ménages, tandis qu’un registre social national couvre près de 20 millions de foyers. Le Sénégal, de son côté, a annoncé un élargissement de la couverture sociale et une augmentation des prestations en faveur des ménages vulnérables.
Pour Gouantoueu Robert Guei, coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, l’adoption de ce cadre régional constitue « un signal fort » qui devrait inciter les gouvernements à intensifier leurs efforts, tout en améliorant la coordination intersectorielle indispensable à la réussite des politiques sociales.
Ce nouvel instrument régional confirme la volonté de la CEDEAO d’inscrire la protection sociale au cœur de son agenda, en faveur d’une Afrique de l’Ouest plus équitable, résiliente et tournée vers le bien-être de ses populations.